Ami visi-blogueur,
tu trouveras ici les atermoiements, les joies, les peines, les surprises,
les coups de foudre ou de gueule au quotidien d'un jeune papa de 44 ans ...

bref que des trucs qui n'intéressent que moi ou mes proches (et encore !).
Mais si cela peut faire naître chez vous un espoir, une flamme ou ne serait-ce qu'un sourire,
alors j'en serai heureux, que la farce soit avec vous !


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Humeurs

Vendredi 4 septembre 2009



Par Tom et Jerry
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Dimanche 15 mars 2009


A un amiral anglais dédaigneux (pléonasme) qui lui disait "vous travaillez pour l'argent, moi je travaille pour l'honneur", le célèbre corsaire Robert Surcouf répondit avec la répartie d'un claquement de fouet : "on ne se bat jamais que pour ce que l'on n'a pas"...

Du coup, cela me pose question : après quoi court donc notre furet de Président ? Qu'est-ce qui motive cette soif sans fin ?

Il a l'argent, le pouvoir, la notoriété... une Rolex avant les 50 ans fatidiques, il est sur la plus haute marche du podium, ce qui vaut n'importe qelle semelle compensée, et pourtant, il donne toujours cette impression d'inassouvi qui le pousse à s'engouffrer systématiquement sur tous les escalators, sans même se rendre compte que la plupart sont en maintenance.

La réponse est terrifiante : je suis intimement persuadé qu'il cherche à acquérir une dimension, de l'épaisseur, à devenir ce qu'on appelle "un grand homme".

Exemple : on peut ne pas être d'accord avec ses théories idéologiques, mais lorsqu'il est entré à l'Elysée, de Gaulle a fait installer un compteur à ses frais afin de payer sa consommation électrique sur ses deniers propres.
On peut aussi ne pas être d'accord avec ses théories idéologiques (c'est même chaudement recommandé), mais lorsqu'il est entré à Bercy, la première requête de Sarkozy a été de faire installer 5 écrans plasma aux frais du contribuable, et à percer des trous dans une oeuvre d'art pour y mettre un bouton de sécurité.

C'est la raison pour laquelle j'ai dit que la réponse est terrifiante. Pour être un grand homme, il faut un pré-requis qu'il n'a visiblement pas. L'hypertrophie chronique de l'ego dont il souffre n'est pas une condition insuffisante pour y parvenir : le monde serait plein de grands hommes bêtement engagés sur des escalators en panne.
Conclusion, il va courir à l'infini, notre Forest national. Le petit souci étant que nous sommes les essoufflés.

"On ne se bat jamais que pour ce que l'on n'a pas".... j'ai bien peur que dans un avenir proche, nous n'ayions à nous battre pour préserver le peu que l'on a.

Par Tom et Jerry
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Jeudi 5 mars 2009


C'est officiel : j'ai raté ma vie.

C'est officiel, puisqu'une sommité intellectuelle relayée par l'ensemble des medias (donc, forcément détenteur d'un avis autorisé) me l'a froidement annoncé il y a quelques jours. A 44 ans, je sais que je n'aurai pas de Rolex au poignet à une échéance de six  ans.
Ce n'est pas une excuse, mais j'étais mal parti : à 14 ans, je n'avais déjà même pas de Solex.

J'ai raté ma vie, il faut s'y faire. Il vocifère.

Il y a des avis, comme ça, qui vous tranchent la carotide de l'espoir, telle une lame vieillissante et burinée aux ultraviolets des salons parisiens.
J'y ai cru pourtant, franchement. J'ai embrassé des tempêtes, combattu d'improbables démons et déserté les sombres grèves où ils m'avaient abandonné.
J'ai cru en l'humain au point de n'avoir (quelle honte !) jamais vécu l'incroyable tsunami adrénalien de jeter un "casse-toi, pôv con" dédaigneux à une personne refusant de me serrer la main.
Pourquoi ? Pourquoi n'ai-je pas droit à ce bonheur là, d'être donneur universel de dédain, juste parce que j'ai perdu de vue l'objectif pourtant scintillant d'une Rolex à mon poignet ?
Pourquoi personne ne m'a jamais refusé une poignée de main, à mooâââ ??..

J'ai raté ma vie.

Je n'ai pas eu l'acuité  intellectuelle de percevoir que nous entrions dans l'ère de la Française du "Je". Honte à moi. Je mérite mon châtiment, punissez-moi : je mérite d'avoir des amis dont jamais je ne me demande pourquoi ils sont mes amis, je mérite d'avoir une femme dont jamais je ne me demande pourquoi elle est ma femme, je mérite d'avoir des fils dont jamais je ne me demande s'ils cesseront d'être de belles personnes.

Quand même... j'ai un doute.
Je veux dire, comment un être un tant soi peu pourvu de raison peut-il m'attribuer le titre de looser national, sans se poser la question de savoir pourquoi, lui, apprécie aussi intensément la perspective d'être le seul laboureur à Rolex du cimetière ?

Je me demande... quelle époque Vuitton ?

Par Tom et Jerry
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Samedi 14 février 2009

Et voilà... tous les 14 février, on nous ressasse la même histoire à la télé, à la radio et dans les journaux : il "faut" faire un cadeau à sa bien-aimée piske c'est la Saint-Valentin.

Outre que cela nous fait (à nous les garçons) une énième date à impérativement ne pas oublier, après la date d'anniversaire, de fête, d'anniversaire de mariage, de rencontre et  de premier baiser... pourquoi vouloir absolument transformer un plaisir en contrainte ?  Pourquoi systématiser le plaisir de faire plaisir ?

Imaginez un seul instant que l'on se mette à célébrer annuellement toutes les premières :

- 2 janvier : première gueule de bois en commun ;
- 18 janvier : première nuit sans dormir ;
- 16 février : premier appart à deux ;
- 17 février : première dispute à propos de la lunette des toilettes ;
- 18 février : première sortie de la poubelle commune ;
- 12 mai : anniversaire du premier oubli d'une date d'anniversaire ;
- 6 juin : première sortie commune à la piscine municipale ;
- 7 juin : premiers streptocoques en n'amoureux ;
- 23 août : achat du premier épluche-légume commun ;
- 25 septembre : première jalouserie ;
- 11 octobre : premier partage de la même brosse à dents ;
- 27 octobre : première raclette à deux ;
- 3 novembre : première invitation des amis dans l'appart ;
- 16 novembre : première bagarre pour le croûton de pain ;
- 12 décembre : première soirée devant Navarro (ou l'homme du Picardie).

Vous l'aurez compris, nous ne sommes pas pour la culpabilisation généralisée des gens, à des fins commerciales.

L'envie de faire plaisir à celle qu'on aime est par nature aléatoire, impulsive, imprévisible et spontanée (mis à part pour les ceusses qui ont un truc à se faire pardonner).

Faisons barrage à l'hypocrisie ambiante qui voudrait que l'individu se fonde dans une névrose collective.
Pour ma part, j'angoisse moins à l'idée de ne pas enrichir un fleuriste que je ne connais même pas, plutôt que de participer à l'intolérable angoisse que ce type de fête procure à ceux qui sont désespérément seuls.

Enfin, je ne suis pas suicidaire ou masochiste au point d'avoir l'idée saugrenue de dire à mon namoureuse le reste de l'année : "j'ai eu envie de t'offrir un bouquet de fleurs, mais c'est mal tombé : comme on n'est pas le 14 février, je me suis retenu".

Par Tom et Jerry
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Mardi 6 janvier 2009


Je me rappelle, avec une certaine mélancolie depuis hier, le médecin de mon enfance. Lorsque j'étais malade, toujours en hiver, coincé tout au fond du cocon douillet de mon immense lit et que mon père appelait le docteur, je me plongeais de suite dans l'attente comateuse et littéraire de sa venue.

La sonnette qui retentissait une ou deux heures plus tard, autorisait l'entrée dans ma chambre d'une bonne odeur de frais apportée par le costume et la malette de celui qui imposait le respect par sa prestance, son savoir et son stétoscope. Qui peut imaginer la place dans l'imaginaire collectif de cet outil mystérieux ? Cette passerelle à la forme improbable semblait lui donner l'accès à des mondes intérieurs inconnus que lui seul était en capacité d'interpréter devant les yeux admiratifs du paternel.

L'examen n'était jamais bien long, juste ponctué de "mmh", de "bien" ou de simples regards évasifs semblant chercher une réponse dans cet univers parallèle. Le diagnostic en comparaison, paraissait presque brutal : "c'est une angine". Ensuite, se mettait en route la machine à prescription qui lui donnait une nouvelle dimension située entre la cuisine et la sorcellerie. Enfin, il partait et l'on savait que la guérison avait déjà commencé.

Hier, lorsque je suis rentré du travail, Théo avait 40,4 ° de température. Après un bain tiède qui lui a fait "baisser" à 39,7 j'ai entrepris d'appeler le médecin.

- "Venez vers 19 h 30" m'a-t-il dit. 

- "Euuuh, j'ai un bébé de 15 mois avec plus de 40 de fièvre, il fait - 3 dehors, vous ne voulez pas venir, plutôt ?"

- "On ne se déplace plus, mais vous pouvez essayer un autre cabinet"

Je m'exécutais donc et me tournais vers ses confrères... avec le même insuccès. Au bout de 4 tentatives infructueuses, je finis par retourner à la case départ en admettant qu'il nous faudrait sortir le lionceau.
La visite se fait normalement, le verdict tombe : "angine... va falloir que vous trouviez la pharmacie de garde à cette heure" (ben oui, forcément !)

Sortie de chez le médecin, direction la pharmacie la plus proche. Fermée, aucun affichage qui puisse nous aider... direction la pharmacie la plus proche de la pharmacie la plus proche : fermée, pas d'affichage mais une indication qui invite à aller au commissariat...
Au commissariat ??... mais on ne veut pas les voler, les médocs !!
Bon, on s'exécute, et on file chez la police. Là, après avoir passé la barrière de l'interphone protégé par une vitre en plexiglas trouée juste pour permettre à un index de taille réglementaire de sonner, je dois encore montrer patte blanche pour passer une double porte automatique.
Mes explications étant données, le planton me réclame une ordonnance du jour, passeport obligé pour qu'il m'indique l'adresse de la pharmacie de garde. Les yeux éberlués par cette situation et quelque peu sonné, je lui tends le papier réclamé, précieux sésame pour la quête de notre Graal. A la vue de celui-ci, il décroche le téléphone, dont je doutais qu'il sache se servir, et avertit le pharmacien de garde qu'il dirige des clients vers lui.

Je sors du commissariat avec fierté et une nouvelle énergie impulsées par le dénouement proche de notre calvaire.
C'était oublier un peu vite le dernier maillon de la chaîne : le pharmacien.
Après avoir tourné un certain temps compte tenu des indications très succintes de l'uniforme sorti de force de ses considérations philosophiques quelques minutes plus tôt, nous garons la voiture face à la devanture grillagée de l'officine. Là encore, rien n'indique que le lieu soit habité, si ce n'est une faible lueur à l'intérieur et l'enseigne clignotante qui, jen suis sûr, nous nargue.
On sonne. Du temps passe.
Une lente animation fait naître un espoir dans nos coeurs meurtris. Une silhouette qu'on croirait d'un vieillard s'approche, ouvre péniblement la double porte automatique (encore !) mais le gros rideau de fer grillagé reste désespérément baissé. Il nous faut faire passer l'ordonnance par une minuscule ouverture découpée au travers du rideau froid et inaccueillant.
Après d'interminables minutes avec un Théo fatigué de fièvre et d'attente dans la voiture, enfin en possession des médicaments qui devraient lui faire baisser sa température, nous rentrons à la maison.

Bienvenue chez Mad Max.

J'ai changé d'époque, et je ne m'en étais pas rendu compte.

Par Tom et Jerry
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