Plus les jours passent, et plus je suis béat d'admiration, non seulement par la beauté et les progrès quotidiens de Théo, mais également devant les rapports qui s'installent entre lui et sa maman.
Je pourrais passer des heures à les contempler. Euh, en fait, JE PASSE des heures à les contempler.
Je suis un homme, et je tente désespérément d'imaginer (pour me l'approprier un peu) la complexité et la profondeur de ce qui s'est tissé entre mes deux amours pendant la grossesse, et de ce qui se tisse encore durant les tétées. Comment un homme peut-il raisonnablement l'imaginer ?
Qui d'autre qu'une femme peut percevoir l'intensité émotionnelle des mouvements à l'intérieur du ventre ?
Qui d'autre qu'une femme peut toucher du doigt la forme de désespoir liée à l'accouchement qui signe la fin d'une grossesse, chaque fois potentiellement la dernière, et la légitimité de savoir si on a bien profité de chaque instant à fond ?
Quelqu'un peut-il savoir où sont transportés ces deux êtres pendant les tétées ? Peut-on raisonnablement mesurer la force du lien de dépendance du bébé envers sa maman, autrement qu'en mesurant la force du lien de bienveillance de la maman envers le bébé ? Ils se transcendent. Je suis persuadé que la maternité est une part de Dieu réservée aux femmes. Venant d'un agnostique, cette remarque n'en a que plus de valeur. Cela me rend jaloux (un peu), mais aussi fou d'amour (beaucoup).