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Ahurissant ! Ce film démontre implacablement comment une personne trouve dans la schizophrénie le moyen de ne pas se perdre définitivement.
Autrement dit : la folie salvatrice !
La démonstration est magistrale, puisque le niveau d’ensemble de l’œuvre est d’une rare harmonie, proche de la perfection : le scénario, la musique, la lumière et surtout, les acteurs sont d’une efficacité redoutable, Sarah Polley en tête.
L’intelligence de ce film est de ne pas s’appesantir sur le pathos alors qu’il en est le fil rouge, exercice difficile mais parfaitement maîtrisé. De plus, la partition est jouée crescendo pour aboutir sur l’évidence de l’horreur, comme si nous la découvrions à la manière de poupées russes. C’est long, très long à digérer (j’y pense encore régulièrement trois jours après !), mais l’émoi qu’il suscite est largement du niveau du fabuleux « Dancer in the Dark » de Lars von Trier, ce n’est pas peu dire.