Que ce soit en bouteille, en carte prépayée, en téléchargement sécurisé ou en boîte de 500 grammes, celui qui trouvera le moyen de vendre du temps, je vous l'affirme, sera plus riche que Madoff (et pas forcément plus honnête).
Je ne vous parle pas du temps qu'on nous vend déjà qui n'est qu'une pâle contraction de celui dont on ne dispose pas. Prenez l'exemple des fours micro-ondes : ça assèche tout, c'est froid ou on se brûle, et personne ne connait vraiment leur taux de nocivité pour la santé. Mais tout le monde en a un parce qu'il nous fait gagner du temps. La question est "sur quoi" ?
Si c'est du temps libéré pour être un peu plus alié-nez dans le guidon, est-ce vraiment un gain ?
Pourquoi nous laissons-nous dresser à ne jamais relever la tête, à rester pris dans le tourbillon du quotidien ? Je ne pense pas qu'il y ait la moindre raison qui émane fondamentalement de nous.
C'est la raison pour laquelle je n'aime rien tant que m'arrêter, parfois.
STOP !
Aaaah... l'autocontemplation a ses vertus : combien de temps s'est-il écoulé entre ça... 
...
et ça ? 
15 mois... ou 460 jours environ.
Qu'est-ce que ça file ! Pourtant, qu'est-ce que j'en ai profité ! J'ai vraiment, vraiment l'impression de ne pas avoir manqué grand chose de ce temps.
Et malgré tout, il file (tic)... et il file, malgré tout (tac), tel le balancier monocorde et inexorable de la pendule qui ronronne au salon du grand Jacques.
Conclusion : il faut que j'en profite encore plus intensément.
L'autocontemplation a ses vertus, disais-je. Elle en a au moins une : elle remet le présent à la merci de notre propre volonté... sa seule place légitime, finalement.