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Et voilà... tous les 14 février, on nous ressasse la même histoire à la télé, à la radio et dans les journaux : il "faut" faire un cadeau à sa bien-aimée piske c'est la Saint-Valentin.
Outre que cela nous fait (à nous les garçons) une énième date à impérativement ne pas oublier, après la date d'anniversaire, de fête, d'anniversaire de mariage, de rencontre et de premier baiser... pourquoi vouloir absolument transformer un plaisir en contrainte ? Pourquoi systématiser le plaisir de faire plaisir ?
Imaginez un seul instant que l'on se mette à célébrer annuellement toutes les premières :
- 2 janvier : première gueule de bois en commun ;
- 18 janvier : première nuit sans dormir ;
- 16 février : premier appart à deux ;
- 17 février : première dispute à propos de la lunette des toilettes ;
- 18 février : première sortie de la poubelle commune ;
- 12 mai : anniversaire du premier oubli d'une date d'anniversaire ;
- 6 juin : première sortie commune à la piscine municipale ;
- 7 juin : premiers streptocoques en n'amoureux ;
- 23 août : achat du premier épluche-légume commun ;
- 25 septembre : première jalouserie ;
- 11 octobre : premier partage de la même brosse à dents ;
- 27 octobre : première raclette à deux ;
- 3 novembre : première invitation des amis dans l'appart ;
- 16 novembre : première bagarre pour le croûton de pain ;
- 12 décembre : première soirée devant Navarro (ou l'homme du Picardie).
Vous l'aurez compris, nous ne sommes pas pour la culpabilisation généralisée des gens, à des fins commerciales.
L'envie de faire plaisir à celle qu'on aime est par nature aléatoire, impulsive, imprévisible et spontanée (mis à part pour les ceusses qui ont un truc à se faire pardonner).
Faisons barrage à l'hypocrisie ambiante qui voudrait que l'individu se fonde dans une névrose collective.
Pour ma part, j'angoisse moins à l'idée de ne pas enrichir un fleuriste que je ne connais même pas, plutôt que de participer à l'intolérable angoisse que ce type de fête procure à ceux qui sont désespérément seuls.
Enfin, je ne suis pas suicidaire ou masochiste au point d'avoir l'idée saugrenue de dire à mon namoureuse le reste de l'année : "j'ai eu envie de t'offrir un bouquet de fleurs, mais c'est mal tombé : comme on n'est pas le 14 février, je me suis retenu".