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A un amiral anglais dédaigneux (pléonasme) qui lui disait "vous travaillez pour l'argent, moi je travaille pour l'honneur", le célèbre corsaire Robert Surcouf répondit avec la répartie d'un claquement de fouet : "on ne se bat jamais que pour ce que l'on n'a pas"...
Du coup, cela me pose question : après quoi court donc notre furet de Président ? Qu'est-ce qui motive cette soif sans fin ?
Il a l'argent, le pouvoir, la notoriété... une Rolex avant les 50 ans fatidiques, il est sur la plus haute marche du podium, ce qui vaut n'importe qelle semelle compensée, et pourtant, il donne toujours cette impression d'inassouvi qui le pousse à s'engouffrer systématiquement sur tous les escalators, sans même se rendre compte que la plupart sont en maintenance.
La réponse est terrifiante : je suis intimement persuadé qu'il cherche à acquérir une dimension, de l'épaisseur, à devenir ce qu'on appelle "un grand homme".
Exemple : on peut ne pas être d'accord avec ses théories idéologiques, mais lorsqu'il est entré à l'Elysée, de Gaulle a fait installer un compteur à ses frais afin de payer sa consommation électrique sur ses deniers propres.
On peut aussi ne pas être d'accord avec ses théories idéologiques (c'est même chaudement recommandé), mais lorsqu'il est entré à Bercy, la première requête de Sarkozy a été de faire installer 5 écrans plasma aux frais du contribuable, et à percer des trous dans une oeuvre d'art pour y mettre un bouton de sécurité.
C'est la raison pour laquelle j'ai dit que la réponse est terrifiante. Pour être un grand homme, il faut un pré-requis qu'il n'a visiblement pas. L'hypertrophie chronique de l'ego dont il souffre n'est pas une condition insuffisante pour y parvenir : le monde serait plein de grands hommes bêtement engagés sur des escalators en panne.
Conclusion, il va courir à l'infini, notre Forest national. Le petit souci étant que nous sommes les essoufflés.
"On ne se bat jamais que pour ce que l'on n'a pas".... j'ai bien peur que dans un avenir proche, nous n'ayions à nous battre pour préserver le peu que l'on a.